Pèlerinage des mères de famille





L’an dernier j’ai participé au pèlerinage des Mères de Familles. Superbe expérience. Depuis
combien de temps ne m’étais-je pas retrouvé, entre filles, à me balader, à contempler, à
méditer… depuis trop longtemps.
Combien de fois par jour est ce que je range ma maison, je nourris la famille, combien de fois
par semaine est ce que je passe l’aspiro, je fais les courses pour nourrir tout le monde, combien
de fois par mois j’aère ma chambre, je range mes placards ? Tout ce qui m’est extérieur tourne,
roule, avance.. sans cesse, car il le faut. Mais combien de fois par jour est ce que je m’arrête
pour mon intérieur, mon véritable intérieur, mon intériorité? Combien de fois par semaine est
ce que je prends le temps d’y faire le ménage, de m’éclaircir les idées, de me nourrir le cœur ?
Combien de fois je me pose avec mon Ami, mon Frère, Notre Père ?
A trop se dépenser on n’a plus grand-chose à donner. Il y a un moment où l’on doit remplir le
réservoir. Voilà ce qui m’a poussé l’an dernier à participer au pèlerinage des Mères de Familles.
Dieu premier servi. Facile à dire…
Dans l’ordre des priorités, la suivante à servir après Dieu, c’est moi-même… puis mon mari, puis
mes enfants, puis les autres… Je le sais, et pourtant… je n’obéis pas à cette règle. Ca n’est pas
bien. Résolution prise donc en début d’année de régler ce problème. J’ai tout à y gagner, le
silence, l’émerveillement, l’amitié, la ressource spirituelle, la franche rigolade. Je m’occuperai
donc dès septembre de moi-même, et ainsi l’année sera bien lancée. Ressourcée je m’occuperai
mieux des autres, peut-être.
Humilité, obéissance et abandon. Voilà les mots clés. L’humilité de se reconnaître faible, de
compter sur la prière et le soutien des autres. Être dépendante en quelque sorte. Obéissance à
cette exigence que nous demande le Seigneur, prendre le temps de l’écouter, prendre le temps
avec Lui et pour Lui. Abandon, car comme un Père il sait et veut ce qui est bon pour nous.
Comme un enfant, je me dois de m’abandonner à Lui, Lui faire confiance.

Forte de cette belle expérience de l’an passé vers le Mont St Michel, avec une magnifique
arrivée du matin, après avoir veillé la nuit à tour de rôle devant le St Sacrement, je signais
d’emblée pour l’année suivante, organisant mon début d’année en fonction de ce RDV qui sera
un incontournable.
2019, la rentrée, j’ai hâte. J’adore ces ambiances typiquement féminines. Pas de chichi, tout le
monde s’y met. On retrouve une ambiance scoute absolument géniale, de la vaisselle jusqu’au
dortoir, tout cela dans un esprit accueillant et bienveillant. Les unes viennent se ressourcer en
toute simplicité, les autres arrivent avec de lourds bagages à déposer aux pieds du Seigneur.
Chacune portera un peu de la valise de la voisine devenue amie. Les problèmes de certaines
s’atténueront devant ceux des autres. Celles aux lourds soucis partiront consolées, et pleine
d’espérance.

Pour tout cela, la présence de Dieu est visible grâce à l’accompagnement des sœurs de la
Famille Missionnaire de Notre-Dame. Des femmes d’ailleurs, fines et cultivées, des religieuses
empreintes de la douceur et de l’amour du Seigneur, ayant soin de chacune de nous.
L’accompagnement de ce week-end c’est aussi de leur part un apport intellectuel, théologique,
catéchétique par le biais de petites conférences extrêmement riches, d’enseignements
accessibles à toutes. En effet, le cœur en éveil par la marche, la beauté des lieux, le silence,
l’ouverture de l’âme, nous sentons bien la vérité et la justesse de leurs propos. Cela réveillera en
nous, en nos consciences, en nos cœurs de femmes d’épouses et de mères voire de grands-
mères, l’envie de donner plus et mieux à nos familles, tout en commençant par nous-même,
avec la grâce de Dieu.
Et puis notre week-end ne serait pas ce qu’il est sans la présence aussi indispensable et
nécessaire, que puissante, de l’aumônier qui toujours à nos côtés, où quelques mètres derrière,
est à la disposition de chacune pour entendre nos confessions, dialoguer avec nous, nous
conseiller, nous écouter beaucoup… ! C’est par sa présence très joyeuse et fraternelle, un regard
masculin sur le groupe, qu’avec franchise et humour le Père sait nous rappeler quelques vérités
sur notre quotidien.
Enfin cette année, si nous avons un peu moins marché que l’an dernier, en particulier le
dimanche, nous avons en revanche pu profiter du sanctuaire de Montligeon. Un lieu admirable,
rare de son espèce, dédié aux âmes du purgatoire, tout cela en lien avec le Ciel et le bonheur
dans l’éternité qui nous est promis. Ce fut pour nous toutes l’occasion de prier pour nos défunts,
âgés, moins âgés, nos bébés emportés en bas âge, nos enfants qui n’ont pas vu le jour. Une très
belle veillée était organisée, où chacune de nous s’est vue confiée à une sainte mère de famille.
Les Pères de la Communauté St Martin, nous ont aussi enseignées, toujours avec humour et
bonne humeur. Présents et discrets, ouvrant leurs portes à toutes ces mères que nous sommes,
ils nous accueillent chez eux avec joie.
Essoufflée, fatiguée, je suis venue pour me poser dans les doux bras de Marie, pour déposer aux
pieds de Jésus, pour pleurer sur l’épaule du Père, et rigoler aussi… le contrat fut rempli. Tout
s’est vidé en moi, et mon cœur alors s’est rempli de beau, de prières, de vérité, d’espérance et
de Paix intérieure. Le grand nettoyage.
Ce week-end fut un temps spécial, une parenthèse entre terre et ciel comme on aimerait en
avoir plus souvent. Ce fut un souffle, une respiration après un bel été mais chargé, et pendant
une rentrée scolaire animée. Mon année ne fait que commencer, mais date est prise pour l’an
prochain, début octobre 2020. J’espère que rien ne m’empêchera d’y participer, j’en serais trop

peinée.




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